7. Ma Volonté de Puissance

Le Triomphe du metal (2025)

1. Le Triomphe du Métal

La voix des pierres antiques résonne
Dans les flammes ardentes du présent.
Mille étoiles dansent dans le creuset,
Elles naissent et meurent en un souffle.

J’ai laissé ma peau de chagrin
À la mer de sel.
La vérité frappe d’en bas
Et règne d’en haut.

Embrasse le combat.
Le cœur s’enflamme.
Le seul vrai toi
Descend du ciel.
Transperce-toi de lumière :
Tu es le Graal,
Le Triomphe du Métal.
Du Métal

Obéis à ton idéal du Grand Amour.
Choisis la lutte plutôt que le repos stagnant.
Sois le soldat, soldat de tes désirs.
Sois ton propre amant, méprisant tes morts.

Saisis le bâton de sagesse,
Porte la lourde couronne.
La solitude est abyssale,
Mais tu feras naître mille aubes.

Au calice des innombrables horreurs,
Tu ne fermeras pas ton cœur.
L’humain est un pont qui doit être franchi :
Deviens l’être qui offre les roses.

codex

Creuset : Le récipient où tout se transforme par le feu.

Lumière : Symbole de clarté, d’espoir et de révélation.

Graal / Calice : La coupe sacrée, quête ultime de connaissance et de pouvoir.

Métal / Pierre : Matière brute, à forger ou transmuter vers l’immortalité.

Grand Amour (Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra) : L’adhésion totale à la vie.

L’homme est un pont à franchir (Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra) : L’humanité comme passage, non une fin, mais une transition vers le Surhumain.

Roses : Le secret de la beauté : symbole de vulnérabilité, de grâce et de l’être qui a atteint la transformation.

2. polymorphia

J’ai contemplé le monde à travers une fente étroite,
Couché sur un sol couvert de poussière
Qui dominait la scène.

J’étais le spectre difforme que l’histoire rejette,
Relégué dans l’ombre,
Caché aux soleils éclatants.

Mais l’étoile blanche dans la matière première prit forme,
Et sur la toile du cosmos,
Un voile divin se déploya pour les âmes solitaires.

Polymorphia puise
Dans la nature souveraine
Son énigme originelle,
Sa structure magique.

Polymorphia
Dans le laboratoire,
Ressens le magma
Qui enfante la Majesté.

Les bourrasques balayent les voûtes,
Les ruines s’offrent au ciel,
Laissant entrer les rayons du soleil,
Rendant la matière volatile.

L’obscurité devient une alliée,
Car elle ne mord ni ne ronge plus.
La louve blessée fut domptée,
Glorieuse sous les lauriers de la lune.

Les archétypes des scènes antiques
Jaillissent par mon empathie.
Je saisis à présent les mystères
Qui tracent les pages des mythes.

codex

Étoile Blanche : L’étincelle guide née au cœur des ténèbres.

Prima Materia : La substance originelle, brute et informe, en attente de transformation.

Majesté (Pierre Philosophale) : La perfection rayonnante atteinte par la Pierre Philosophale.

Matière Volatile : Substance rendue fugace et légère, s’élevant vers l’esprit.

3. L’Equilibre de Rebis

Le cortège funéraire s’est arrêté près de l’autel.
Tu y as bu tes propres peurs
Et levé ta coupe avec fierté.

Les rayons du soleil, translucides et vibrants,
Remplissent ton Graal.
Une source nouvelle jaillit.

Pour le chaos de la Créatrice de Lune,
J’élève mes louanges à la Mère céleste.
Pour la sphère dorée de l’ordre,
Je rends grâce au Père céleste.

Car les balances du Rebis ordonnent l’équilibre
De la puissance du Roi,
Guidée par la main de la Reine.
Car les balances du Rebis ordonnent l’équilibre du Tout.

Des monstres informes, envahissants,
Ces esprits se dissolvent dans le néant,
Par l’équilibre du Rebis.

Soutiens ton regard
Vers l’insouciant Chronos,
Qui fait trotter nos songes
Plus vite que l’horloge.

Emprunte à l’innocence sa paix désarmante :
Elle vaincra la mort
Au rythme de la béatitude.

Entre l’ordre et le chaos,
Tu as libéré le pathos
Qui t’avait enchaîné, pétrifié,
À la nécropole glacée.

Car les balances du Rebis ordonnent l’équilibre
De la puissance de la Reine,
Guidée par la main du Roi.
Car les balances du Rebis ordonnent l’équilibre du Tout.
Des monstres informes, envahissants,
Ces esprits se dissolvent dans le néant,
Par l’équilibre du Rebis.

Les balances du Rebis ordonnent l’équilibre.

codex

Coupe / Graal : Le vase sacré de la quête et de la révélation.

Faiseuse de Lune : La créatrice féminine, tissant cycles et récits.

Mère / Reine : Polarité féminine.

Père / Roi : Polarité masculine.

Rebis : L’union alchimique des contraires, l’être deux-en-un.

Chronos : Le Temps lui-même, dévoreur et créateur, maître de tous les cycles.

4. Minuit

Minuit sonne,
Mon regard est aveugle.
Demain redoute
De dévoiler sa lumière.

Les dragons grondent
Au-dessus de la lampe ardente.
Je saisis ma lame,
Flottant dans mon esprit.
Mon souffle s’éteint
Au sanctuaire du chercheur,
La faux de la mort
Menace ma colonne vertébrale.

Oh, nulle échappée, trouve une voie.
Transperce-la maintenant : la peur du noir.
Marque divine, morsure de feu, simple combat
Sous la pâle clarté lunaire.

L’auréole vacillante
Est griffée par les gargouilles.
Les ombres dispersées
Rôdent dans la cathédrale.

La fumée constante
S’échappe de la cheminée.
La langue des oiseaux
Encre les pages du manuscrit.
Je cherche à soulever le voile des mystères,
Car mon esprit est plus profond
Que l’antique mer.

Oh, nulle échappée, trouve une voie.
Transperce-la maintenant : la peur du noir.

Oh, nulle échappée pour forger mon voie,
Affronte-la maintenant dans la nuit morte.
Plus de cris, plus de mensonges,
Plus de doutes à laisser derrière.

Rite après rite, le lion s’élèvera.
Berceau de vérité, la chute du temps.
Le cosmos insondable sera mon guide.
Je cherche la pierre rouge pour une vie nouvelle,
Jusqu’à l’heure où les scories périront.

Mes pas furent guidés par un seul serment :
Choisir la voie menant à l’inconnu.
J’ai transcendé ma chair et ma propre tombe.
Il est temps d’abattre le cauchemar.

Oh, nulle échappée, trouve une voie.
Transperce-la maintenant : la peur du noir.
Marque divine, morsure de feu, simple combat.
Oh, nulle échappée, trouve une voie.
Affronte-la maintenant dans la lumière de l’étoile rouge.
Plus de cris, plus de mensonges,
Plus de doutes,
Pour franchir la Porte de Minuit.

codex

Dragons : Symboles du feu et des forces brutes gardiennes de la transformation.

Langage des Oiseaux : La langue secrète des alchimistes, langage mystique de la nature.

Lion : Le lion rouge, emblème de force et étape de l’Œuvre alchimique.

Pierre Rouge : La Pierre Philosophale à son état final, transmutation parfaite.

Scorie : Le résidu impur laissé après que le feu alchimique a consumé l’inutile.

5. La Cité des Larmes

Des gouttelettes bleuâtres s’entrechoquent,
Elles s’entrelacent et s’évanouissent
Sur le vitrail de fer,
Ondoyant dans la pénombre.

De délicates colonnes vertébrales,
Témoins d’une beauté fugitive,
Des squelettes s’étirant vers le ciel
Portent la cité cathédrale.

Le rugissement de l’orage qui s’éloigne
percute les roulements du tonnerre.

Château niché sur une falaise noire,
Caché par les conifères éternels.
Le lent bruissement du vent
Berce la Cité des Larmes.

Elle apaise les ombres solitaires,
Elle martèle les arches obscures.
La symphonie des échos
Abrite la Cité,
La Cité des Larmes.

Errant sous mon manteau pâle,
Je suis le spectre et l’invité.
Sous le pont, à mes pieds,
Défilent mes plus tendres souvenirs.

J’ai séché mes yeux d’albâtre
Pour graver dans l’histoire
Les héros des instants
Qui façonnèrent mon destin.

Les gouttes de pluie dévalent la colline,
Un fleuve gris déversant son trop-plein.

Plus de blé pour le moulin,
Plus de sel pour mon chagrin.
J’affronte mes peurs glacées
Qui s’effacent dans la brise.

Je m’allonge sur le drap tiède,
Je ferme mes lourdes paupières,
Et je rêve sans barrière.
Un pli naît sur ma joue.

6. L’ Arboretum de l’Esprit

Les pigments noirs de la plume
Parsèment le vieux parchemin.
Des points vibrants sur la portée.
Ils descendent des sphères.

Dans le tumulte belliqueux,
Ils s’entrechoquent et s’alignent.
Les hautes vibrations se confondent.
Une puissance immense s’élève.
De toutes les merveilles assemblées.

Sous la voûte squelettique,
Les jeunes rameaux hardis s’étendent.
Ils se lient et s’entrelacent
Pour faire fleurir de nouveaux bourgeons d’or.

La toile d’araignée cérébrale,
Tisse une constellation éclatante.
Des reflux d’une cave poussiéreuse,
Elle purifie la nuit étouffante.

Ma forme périssable et fugace,
Se nourrit de la chaleureuse lumière
Qui la maintient en vie.

L’harmonie des sphères
S’incline et me conquiert aussi.
Mon sang pulse et je respire
En teintes de pourpre écarlate.
Dérivant au-dessus de la lune.

Aux grandes arcanes du réel,
Il manque une véritable fondation.
Et toujours un pacte se conclut
Avec l’imagination.

Comme le cygne qui glisse et ondule
Sur le ventre de l’étang,
Le saule déploie sa chevelure
Dans son reflet frémissant.

Une note s’élève au loin.
Dans sa dernière séquence,
Elle se noie dans l’espace azuré,
Dans le pur son du silence.

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Bourgeons Dorés : Nouvelles idées en germination, ouvrant la vision vers de nouveaux chemins.

Toile Cérébrale : Le réseau des neurones, tissant pensée et mémoire.

Teinte Cramoisie : L’étape finale de l’alchimie, perfection par le feu.

La brise allège ma chevelure
Alors que je quitte la fumée dense.
J’élève mon regard ébloui
Vers la vallée d’or végétal.

Le long du sentier que je foule,
Le parfum du cèdre se répand
Et se mêle à l’air
Sur ce que je viens contempler.

Regards perçants et lueurs ambrées,
Guidés par une énergie pure,
Ils détiennent le secret
De ma paix intérieure.

Leurs vastes racines s’enfoncent
Tandis que ma volonté de puissance se révèle.

Quand le grand dégoût prévaut,
Rassemble depuis les hauteurs lointaines
Les étoiles des montagnes
Qui portent un ciel glacé.

Un enfant crée et se repose
Dans les fleurs embaumantes.
Sa lyre enchante,
Jouant la joie du flot de la vie.

Puisse cette île offrir
Un havre à mon esprit.
Après de nombreux voyages achevés,
Je me repose sur son rivage.

Que mon instinct conçoive
Un mercure aérien :
Qu’il vole au-dessus des cimes
Et séjourne dans les cavernes profondes

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Volonté de Puissance (Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra) : La force fondamentale de la vie, non pas seulement survivre, mais croître, dépasser et façonner le monde. C’est l’énergie intérieure qui transforme le chaos en création, la faiblesse en force, et l’existence en devenir.

Grand Dégoût (Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra) : La crise décisive qui prépare la transformation. C’est la nausée devant la vie telle qu’elle est, le rejet de la complaisance, de la fausse moralité et des anciennes valeurs qui donnaient jadis un sens mais apparaissent désormais vides. Dans ce point de rupture, l’homme se détourne de ce qui ne le nourrit plus, ouvrant l’espace à la création de nouvelles valeurs.

Étoiles (Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra) : L’« étoile dansante » : création née du chaos intérieur.

Ciel Glacé (Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra) : L’air clair et raréfié des hauteurs;  bouffée d’idées neuves.

Mercure Aérien : L’esprit volatil, messager et médiateur de la transformation.

Sommets et Abîme (Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra) : Le double mouvement nécessaire pour devenir créateur. Les sommets sont les hauteurs de l’esprit, les instants de lucidité, de puissance et de vision claire. Là, l’homme prend de la distance avec les valeurs établies, respire l’air rare des idées nouvelles et entrevoit ce que pourrait être le Surhumain. Les abîmes sont les descentes dans la souffrance, la perte de sens, le chaos intérieur, le dégoût de l’ancien monde et de soi-même. Ils sont la confrontation à la douleur, à la solitude et au vide qui précède toute véritable transformation.

8. Un Chant de Sang et d’ Acier

Le soleil transperce la dentelle neigeuse du lac.
L’air glacé mord son visage d’albâtre.
Son souffle concentré balaie la plaine fumante,
Des plaques de métal ceignent les mantras à sa taille.

Son talisman caché brûle encore sur sa poitrine,
Mais Hachiman prédit un papillon noir.
Le pin rouge se voile derrière ses pas rapides :
Elle tranchera la tête du plus puissant des hommes.

La nature est une avec moi.
Je suis le phénix incandescent,
Cavalière au Tachi affûté.
Que l’aube dorée saigne,
Car mon âme sera libérée.

Je galope avec les kamis.
Mon arc perce les rangs.
Le vent apporte l’acier et l’effroi,
Et mon cœur ne tient qu’à un fil.
Par le métal je triompherai.

Elle s’élève comme un héron sous la montagne,
Sa lame ondule au flux de l’eau.
Le miroir du ciel s’assombrit d’un rouge chagrin,
Le champ de givre comme l’hiver de son épée.

Dans ce monde en proie au chaos,
Seul un cœur sans tourments
Peut éclore comme une fleur
Au milieu des flammes de la guerre.

Plonge ton naginata dans le fleuve sacré.
Tu es l’onna-bugeisha qui combat avec honneur.
Empêche la rouille de ternir ta dignité.
Purifie ta bouche et tes mains dans le silence honnête.

La salamandre boit le sang sur les roseaux versés.
Récite les prières pour le repos des défunts.

Si je pars d’ici à présent,
Vers le sommet de cette montagne,
Je reviendrai aussitôt,
Pourvu que tu me dises que tu m’attendras.

Sur la rive fleurie du lac Biwa,
Sous le saule des esprits,
Les cris d’une âme s’éteignent :
Les cris de Tomoe Gozen.

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Mantras sur la Poitrine : Sutras ou talismans protecteurs glissés sous l’armure, gardant les paroles divines près du cœur.

Talisman autour du Cou : Amulette protectrice portée au combat, invoquant la faveur divine.

Hachiman : Dieu de la guerre et protecteur des samouraïs.

Papillon Noir : Symbole de la mort et du passage de l’âme.

Pin Rouge : Arbre toujours vert, emblème d’endurance et de longévité.

Tachi : Sabre long et courbe des samouraïs, porté tranchant vers le bas.

Kamis : Les esprits ou divinités du shinto, présents en toute chose.

Naginata : Arme d’hast à lame courbe, arme emblématique des guerrières.

Onna-bugeisha : Guerrière de la classe samouraï, formée aux armes et à la stratégie.

Salamandre : Créature mythique du feu, survivant aux flammes sans être consumée.

Tomoe Gozen : Onna-musha de la guerre de Genpei (1180-1185), célèbre suivante de Minamoto no Yoshinaka dans le Heike Monogatari.