1. La Table D’Emeraude

album ‘la table d’emeraude’ (2024)

1. La table d’emeraude

La puissance, par l’adaptation,
Me conduit vers ta perfection.
Âme unique, sans ressemblance,
Sinon celle qui me fait danser.

Guide ultime de mon reflet,
Comme mon inspection la plus profonde,
Comme une flèche tirée si loin
Au bout de mon précieux chemin.

Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.
Ce qui est au-dedans est comme ce qui est au-dehors.
Ainsi est l’univers, ainsi est mon âme.

Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.
Ce qui est au-dedans est comme ce qui est au-dehors.
Ainsi est l’univers, ainsi est mon âme.

Sur la voie médiane
J’accélère, puis je m’étire.
Dans l’inaction réceptive,
Je reçois ton onction divine.

Ma force est le fruit de ma faiblesse,
Ma faiblesse est la semence de ma force.
« Pourquoi ? » – jusqu’aux tréfonds de mon destin,
Alors prend forme le mouvement nécessaire.

 Reçois ma dévotion confiante.
Tu es la mère, la fille, la sœur,
Celle qui mania toutes les armes,
Des larmes depuis longtemps bénies
Comme une cascade sur son âme.
Elle est l’une de mes mortes,
Celle qui pleura tous ses maux.

Celle qui pleura tous ses maux.

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Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas : L’harmonie entre ciel et terre : ce qui se passe dans le cosmos se reflète sur la terre.

Ce qui est en soi est comme ce qui est au-dehors : Le monde intérieur façonne le monde extérieur : notre âme se reflète dans la réalité.

Tel l’Univers, telle l’Âme : L’âme est le miroir de l’univers : chaque être humain contient le cosmos entier.

2. Ce qui stagne est mensonger

À travers la lumière crépitante,
Je réalise mon immersion vibrante.
De ma coquille à ma vision,
Je libère son action puissante.

La carte jaillit du jeu,
Pour mieux venir à ma rencontre,
Comme un vieil ami digne,
Comme une bourrasque d’un printemps nouveau.

Celui qui gratte la surface
Et verse des larmes bénies,
Touche les profondeurs cachées,
Franchit les plus hauts sommets !

Méfie-toi des ténèbres
Dans lesquelles tu plonges tes yeux.
Traverse le feu !
Ce qui stagne est mensonge !

Mensonge !

Cette immersion glisse à travers mon âme,
Des gouttelettes au ruisseau.
Elle scintille dans mes veines,
Éblouissant est mon rêve,
Comme une onde sur l’eau agitée
Ou le miroir d’un lac immobile.
Voici venir la Créatrice de Lune:
Sa main franchit la porte.

Celui qui gratte la surface
Et verse des larmes bénies,
Touche les profondeurs cachées,
Franchit les plus hauts sommets !

Ce qui stagne est mensonge !

Au rythme d’une vie qui doit avancer,
À la vérité d’un cœur qui doit sentir.
La vie suffit à ceux qui savent verser,
La vie suffit à ceux qui savent remplir.

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Tarot de Marseille : Un système symbolique de cartes révélant des archétypes sur le chemin de la sagesse, guidant vers la connaissance.

Sommets et Abîme (Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra) : Le double mouvement nécessaire pour devenir créateur…

Créatrice de Lune : La créatrice féminine, tissant cycles et récits.

3. La Terre de L’Etoile

Des planètes à la terre,
Du noyau à l’univers,
L’énergie est partout,
De la magie tu es l’héritier.

Rends ta propre justice,
Influence les équilibres.
Sans aucune malice,
Perçois au-delà du voile.

Deviens la divinité de ta tour,
Pour ta plus grande gloire.
Tu es le feu qui dévore,
La magie vers la victoire.
Comme un tonnerre ascendant,
Tu déchireras le ciel,
Pour marcher toujours plus avant,
Au-delà de la Terre de l’Étoile.

Que ta vision soit limpide
Comme les yeux de l’Aigle.
Ne crains pas ta première mort,
Que ton succès soit royal.

Transfère à la foudre
Tes désirs ardents.
Fais naître la réalité,
Méfie-toi de l’abri aveugle.

Gloire à Hugin !
Gloire à Mugin !

Saisis ton arme,
Transperce le Dragon.

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Terre de l’Étoile : Le chemin de Compostelle : une voie de pèlerinage et de transformation.

Première Mort : L’Œuvre au noir : dissolution et putréfaction, commencement nécessaire de l’alchimie.

Hugin et Munin : Les corbeaux d’Odin, Pensée et Mémoire, guides de la vision et du souvenir.

Transpercer le Dragon : L’Œuvre au noir : affronter le chaos et l’ombre pour ouvrir la voie vers la transformation.

4. lie a l’eternite

La quintessence embaume à jamais
Pour la rose qui fleurit sur la terre.
Solve et Coagula opèrent :
C’est le crépuscule de la Tête de Mort !

Le subtil se détache du vulgaire,
Mercure et Soufre demeurent.
Le corps est prêt pour la dissection,
La calcination s’accomplit.

L’un brûle les pétales,
L’autre les os.
Ils sont liés, liés par un serment.

Voici le Roi Rouge et la Reine Blanche, unis, alliés,
Glorieux dans des noces parfaites.
Ordonner la substance, sublimer l’esprit, équilibrer.

C’est la Nature et son don généreux de l’Être,
Telle une goutte de puissance infinie :
Âme, Esprit et Corps liés à l’éternité.

Le Sel scintille de mille cristaux.
L’Eau révèle son enveloppe,
Elle communie avec l’esprit et le vif-argent,
Elle s’achève comme une naissance écarlate !

Elle guérit toutes les failles, ressuscite l’univers,
Pour la gloire de l’humanité.
L’Opus Magnum s’accomplit,
Nourri par le feu céleste.

L’Œuf d’Or
Est en gestation, en gestation,
Pour un mariage incarné.

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Quintessence : L’essence pure recherchée en alchimie, l’extrait ultime de l’être.

Solve et Coagula : Dissoudre et réunir : le rythme de la destruction et de la création.

Tête de Mort : Le crâne, symbole de la mortalité et de la mort avant le renouveau.

Subtil et Vulgaire : Les aspects cachés et manifestes de la matière.

Mercure : Le principe volatil et spirituel, fluide et transformateur.

Soufre : Le principe ardent et actif, lié à l’âme et à la combustion.

Roi Rouge : Le principe masculin, le feu et l’achèvement du Grand Œuvre.

Reine Blanche : Le principe féminin, pureté et réceptivité dans l’Œuvre.

Sel : Le principe de stabilité et de corps, liant l’esprit et l’âme.

Esprit : Le souffle vital, immatériel et ascendant.

Vif-argent : La substance mercurielle, messager volatil et médiateur.

Naissance Écarlate : La vie nouvelle issue de l’Œuvre au rouge, perfection par le feu.

Grand Œuvre : Le processus complet de la transformation alchimique.

Feu Céleste : L’étincelle divine, feu d’inspiration et de transmutation.

Œuf d’Or : L’œuf dans lequel se forme la Pierre Philosophale.

Mariage : L’union sacrée des complémentaires, conduisant à la totalité.

5. Que les Crocs Déchirent la Nuit

Il est un lieu,
Au plus profond de la poitrine,
Isolé du reste,
À nul autre pareil, comme un nid singulier.

Il est une flamme,
Unique en son essence,
Pleine de solitude,
Encerclée par les ténèbres.

Laisse tes crocs déchirer la nuit,
Ivre de ta furieuse soif de vie !
Qu’ils réduisent en pièces la chair ennemie
De quiconque ose franchir le territoire de la louve / du loup

Que les corbeaux peignent le crépuscule
De leurs désirs sanguinaires !
Que les charpies qui souillent les choses
Chutent de la plus haute falaise !

À ce stade,
Plus aucun repère,
Plus de lois rassurantes :
Il n’est qu’une liberté.

Il n’est que cette sentence,
Cet ultime adage :
Je le fais pour moi,
Maintenant et à jamais !

Es-tu prêt à encaisser le coup ?
À créer ton idéal ?
Es-tu prêt à être égoïste ?
À surmonter l’animal ?

Es-tu prêt pour le premier rôle ?
À donner forme à ce que tu ressens ?
Es-tu prêt à serrer ton poing ?
À dompter l’esprit qui est le tien ?

6. Le Jardin du Cœur

Il était une fois
Un Roi sans Reine.
Ses doigts osseux arrachaient tous les cœurs,
Alors il rêva d’une âme plus forte.

Et ses songes le portèrent
Vers l’âme d’une fille de la lune.
Car la nuit est un festin,
Et le festin s’ouvre enfin.

Les tombes sont sombres pour les petites gens,
Mais le Roi les chérit.
Et sous son manteau
Se cache un cœur d’enfant.

Et sur ces tombes
Naquit un Jardin.
Au cœur de ces terres,
Il vient caresser ses rêves.

Et quelle joie de voir
Que le cœur ne saigne pas
Sous sa griffe innocente,
Sous sa main pâle.

Et lui, avec la fille de la lune,
Errent vers les cieux.
Ils nourrissent le Jardin
Pour qu’il atteigne son plein épanouissement.

Le peuple lance un regard amer :
Voyez comme ils réclament vengeance !
Car ils ne comprennent pas le lys en fleur.
Le peuple brandit torches et fourches,
Le peuple tremble, car il entend l’abîme.

Tant de lumière crée des ombres où se tapir.
Des mains impures frappent aux portes du château,
Où le Roi couronna la fille comme sa Reine.
Et tous deux contemplent la pluie
Depuis leur jardin céleste.

Le Jardin dans le Cœur

La pluie tombe sur ces yeux haineux,
Le peuple d’en bas… des rats !
Et leurs gémissements de bêtes
S’étouffent devant les fleurs de sang,
Abattant leur espoir divin.

Et alors ils prient, ils prient,
Ils prient pour que jamais ne brûle leur Jardin.
Ils prient, ils prient,
Ils prient pour que jamais ne brûle leur Jardin.

7. La Nature se Déploie à Nouveau

Le Mat gravit l’échelle,
Menant au laurier
De la femme et de ses quatre couleurs :
Le bâton, le denier, la coupe et l’épée.

Je ne peux trahir mon appel,
À mon voile hermétique je m’accroche.
À trop travailler avec le diable,
Il écrase les âmes fragiles.

L’aigle plane au-dessus des brumes grises,
Le ciel brille d’un éclat silencieux.
Le jardin enclavé du pouvoir s’érige,
La solitude se vêt de mille plantes,
Et la nature se déploie à nouveau.

Par le souffle du Grand Œuvre
Je prends le chemin du tarot.
Chaque pas incarne une illustration
Qui me porte et allège mon fardeau.

Je règne en guerrière sur mes terres,
Comme le nombre six des honneurs révélés.
Je façonne avec ma tour-miroir
Une vie plus éclatante par-delà la fin.

Le troupeau brisé, aux mille yeux narcotiques, s’éteint.
Je contemple la pluie,
Et mes pensées rejaillissent,
J’avais oublié ses filaments d’argent.

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Mat : Le voyageur du Tarot de Marseille : potentiel pur, commencement du chemin.

Femme aux Lauriers : La figure couronnée de l’arcane du Monde, symbole d’accomplissement et de triomphe.

Couleurs (Bâtons, Deniers, Coupes, Épées) : Les quatre enseignes du Tarot de Marseille…

Grand Œuvre : Le processus alchimique de transformation vers la perfection.

Tarot : Un système symbolique d’archétypes guidant sur le chemin de la sagesse.

Nombre 6 / Les Amoureux : L’arcane du choix et de l’union, symbole de l’harmonie des complémentaires et de l’appel du cœur.

8. Toute Vie Commence dans les Ténèbres

Toute vie commence dans l’obscurité.
Peau fragile, yeux aveugles,
Transpercés de toutes parts par la vie,
Poings serrés sous la cape.

J’ai crié à plein poumon,
J’ai recraché les premières scories.
La lumière a brûlé mon monde,
Dans les plis d’un passé perdu.

Entre les étoiles s’inscrivent mes pas.
Libres sont les faits que je crée.
De mon argile je trace les lignes,
Pour affûter ma propre lance.

Je suis un diamant qui naît,
À qui le maître doit donner forme,
Une substance enchaînée par le temps,
Qui doit parfaire sa résonance,
Car toute vie commence dans l’obscurité.

Des prisons étroites infestent
Les tours et leurs maîtres.
Cette misère doit être réparée,
Car leurs lois brisent les cœurs.

La roue de la fortune a tourné,
J’ai chuté, le dos vers l’inconnu.
En d’autres termes, j’ai trouvé la sagesse,
Mes mains brûlées par la vérité.

Tandis que le fils était pendu

À la quête, je consacre mon combat.
Je savoure la morsure terrestre.
Je laisse l’horloge m’apprivoiser.
Je peux respirer. Enfin, je peux respirer.

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Scorie : Le résidu impur laissé après le feu alchimique, ce qui doit être rejeté.

« Libre est le fait que je crée » : Manifestation contre l’astrologie : le destin se forge par l’acte même de création.

Maître : Sa propre volonté et son amour comme véritables forces directrices.

Moules : Idées destructrices et enfermantes, qui contraignent l’esprit dans des formes rigides.

Roue de Fortune (Tarot) : L’arcane des cycles et du changement, rappelant que tout s’élève et retombe.